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Canada, Récits de voyage

10 jours de road Trip à travers le Québec

Du 10 au 19 juin dernier, je suis partie en compagnie de mon amie Coralie qui vit à Montréal depuis 5 ans pour une chouette aventure à travers la province de Québec. En 10 jours de road trip, on a pu voir pas mal de petites (ou grandes) merveilles de la nature et j’ai pu enfin découvrir LE Canada, tel que je me l’imaginais : de grands espaces, de la nature à perte de vue, le vert des forêts, le bleu des lacs et des rivières… Petit récap pour vous 🙂

 

De Montréal à Chicoutimi et au Lac St-Jean

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Le 1er jour, nous sommes parties de Montréal dans l’après-midi, en direction de la ville de Québec puis la ville de Saguenay et plus précisément l’arrondissement de Chicoutimi plus au nord, où Sabrina une amie de Coralie nous a accueilli pour quelques jours. La route entre Québec et Chicoutimi donne déjà le ton : grande ligne droite quasiment vide et sur les deux côtés de la route, des forêts, des montagneuses, entrecoupées de lacs aux couleurs bleues intenses. Ah et aussi quelques panneaux : « Attention, traversée d’orignaux », mais finalement aucun n’a croisé notre route… Puis avec la fin du jour, c’est le ciel qui commence son spectacle avec des dégradés d’orange, rouge et rose qui se reflètent dans les lacs. Notre voyage commençait très bien !

road-trip-riviereC’était sans compter sur le temps un peu capricieux des jours suivants, pluie et gris… Mais on ne se laisse pas abattre et on est quand même parti pour notre 1ère rando du séjour au sud du Lac St-Jean, véritable mer intérieure de 1 076,03 km2, ce qui en fait le 3e plus grand du lac Québec. Plus précisément, nous sommes allées nous balader le long de la rivière Métabetchouane, dans le parc de la Caverne du Trou de Fée. En plus de petits sentiers de rando pas trop compliqués, très bien pour commencer notre séjour, il est possible de faire une visite de la caverne du Trou de Fée où des centaines de chauve-souris se cachent, on peut aussi faire de la tyrolienne au-dessus de l’eau et se balader le long de l’ancien tracé des conduites d’eau alimentant la centrale hydroélectrique qui fut construite sur le site dans les années 1920. Des ponts suspendus sont aménagés pour traverser la rivière et avoir une perspective depuis les deux rives. Quasiment seules dans le parc mais très bien accompagnées de multiples moustiques, nous n’avons fait que les sentiers de randonnée et les ponts suspendus.

 

A la découverte du magnifique Fjord du Saguenay

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Après deux jours pluvieux, nous avons repris la route avec Coralie le lundi 13 juin pour explorer le Fjord, qui est le seul que l’on trouve à cette latitude et également le seul navigable en Amérique du Nord. Long d’une centaine de kilomètres et large de 1 à 3 km par endroits, les falaises du Fjord sont escarpées et leur hauteur varie de 15 à plus de 450 mètres par endroits. Nous avons commencé par le sentier de la Croix, au-dessus de la Baie des Ha! Ha! qui se trouve dans l’arrondissement de La Baie. Malgré la pluie et le temps gris, on a pu bien profiter des différents points de vue sur la baie, nous n’avons croisé presque personne et au point le plus élevé au-dessus, la vue était assez saisissante et on pouvait imaginer l’eau de la baie rencontrer le Fjord au loin… Le soir, direction le village de Rivière-Eternité où nous avons passé la nuit dans l’Auberge de l’ancien Presbytère.

road-trip-baie-eterniteAprès une bonne nuit au sec, on a eu la chance de voir le soleil briller en grand le lendemain ! Parfait pour nous accompagner pour notre randonnée du jour le long du sentier de la Statue, qui longe la baie Eternité pour ensuite rencontrer à son tour le Fjord. La 1ère partie grimpe pas mal mais le parcours est vraiment bien aménagé avec plusieurs points de vue qui nous arrachent à chaque fois des « whouah, magnifique ! ». Après deux bonnes heures de marche, nous arrivons au pied de la statue qui domine le Fjord et nous donne une vue imprenable autant vers l’est que l’ouest… parfait spot pour notre pique-nique du jour 🙂

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Après un retour à notre point de départ, nous reprenons la route vers la petite ville de L’Anse Saint-Jean, le long du Fjord, où nous allons passer la nuit au bord de l’eau dans le camping municipal. Une fois la tente montée, ce qui a été bien plus rapide que ce que je pensais, on repart pour une mini excursion mais à cette période de l’année, l’endroit est quasiment vide, et beaucoup de resto ou bars ne sont pas ouverts… Nous allons tout de même jusqu’au mini sentier de Anse-Tabatière, qui nous donne encore un magnifique point de vue sur le Fjord, paysage dont j’aurais du mal à me lasser les prochains jours… Retour au camping, nos amis les moustiques nous accompagnent pour notre petit repas du soir puis on peut profiter de la tranquillité de l’endroit en admirant le coucher de soleil sur l’eau.

Le lendemain, déjà le 15 juin, nous sommes réveillées assez tôt après une plutôt bonne nuit. Un petit déjeuner et un démontage de tente plus tard, nous voilà reparties pour une autre rando à travers le sentier des Caps qui rejoint le village de Petit-Saguenay mais dont nous décidons de ne faire que la moitié pour revenir récupérer la voiture. Cette balade donne moins de point de vue sur le Fjord mais permet une excursion à travers la forêt et une fois arrivées à un lac nous décidons de prendre le chemin du retour. Et là, nous faisons une rencontre assez improbable, enfin pas tant que ça au Canada ! Mais disons qu’elle nous a impressionnées… Nous avons croisé un énorme porc-épic, que Coralie a pris pour un petit ours brun de loin avec sa démarche nonchalante. Une fois le petit coup de flip passé et vérification à l’aide de jumelles que c’était bien un porc-épic, on décide d’avancer doucement vu qu’il se déplace sur le chemin de rando. Puis à un moment il s’est arrêté, nous a regardé et a commencé à revenir dans notre direction ! Courageuses mais pas téméraires nous avons commencé à rebrousser chemin, jusqu’à entendre d’autres randonneurs qui ont finalement fait assez de bruit pour le faire fuir… ouf !

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Pendant notre exploration des bords du Fjord, nous aurons tout de même croisé trois porcs épics, dont deux petits sur le bord de la route, et une très élégante biche…

Après un pique-nique rapide, nous reprenons la voiture en direction du Petit-Saguenay où nous faisons une pause photo, puis nous redescendons vers Saint-Siméon pour rejoindre la route qui mène plus au nord à Tadoussac, petite capitale de l’observation des baleines le long du fleuve Saint-Laurent.

 

Rencontre magique avec le St-Laurent et ses baleines

road-trop-tadoussacAprès avoir longé le fleuve sur quelques kilomètres, nous arrivons à l’embarquement du traversier qui permet de traverser l’embouchure du Fjord du Saguenay à l’endroit où il rencontre le Saint-Laurent, encore une jolie perspective sur cette merveille de la nature. Une fois de l’autre côté, nous prenons la direction du village des Bergeronnes, où se situe notre camping, Mer et Monde. Cet endroit très éco-responsable est vraiment magnifique et les emplacements de tente donnent des points de vue sur le fleuve à couper le souffle… Avant de vraiment prendre le temps de l’admirer et essayer d’apercevoir des baleines, on doit d’abord monter la tente. Peu après 19h et alors que les lumières du jour déclinent en donnant des dégradés de couleur dans le ciel, j’entends mon 1er « pshitt » du séjour, puis j’aperçois une dorsale juste à la surface de l’eau : je viens de faire ma 1ère rencontre avec une baleine, j’en ai encore des frissons en écrivant ces lignes ! Puis le spectacle a continué pendant une petite heure où on a pu observer plusieurs baleines, aussi appelées rorquals, qui se déplaçaient le long de la rive : magique !

Après une très courte nuit et avec l’envie d’observer le jour se lever sur le fleuve, nous sortons de la tente vers 4h30 du matin… ça pique un peu mais le ciel est magnifique et les premiers rayons du soleil apparaissent peu à peu à travers les nuages. Puis sans qu’on s’y attende vraiment, un nouveau « pshitt » et s’en suis jusqu’à environ 7h du matin un nouveau ballet de baleines. De voir ces animaux majestueux à moins de 20-30 mètres n’a vraiment aucune comparaison avec ce que j’ai pu voir depuis mes nombreux voyages et je réalise enfin un rêve de petite fille qui me trottait dans la tête depuis que mon père m’avait raconté en avoir vu à Tadoussac pendant un de ses voyages 🙂

road-trip-tadoussacNous partons ensuite pour la matinée pour visiter Tadoussac qui se traverse à pied très facilement en longeant la petite baie qui fait face à l’Hôtel Tadoussac aux tuiles rouges construit en 1888 et rénové en 2000. Juste en face, se trouve la petite chapelle des indiens qui est la plus ancienne construite en bois en Amérique du Nord, en 1747. Tadoussac est aussi le premier établissement français en Amérique du Nord et premier poste de traite de la fourrure dès 1600. En longeant la baie, on accède au petit sentier de la Pointe de l’Islet qui permet d’avoir une vue sur le Fjord du Saguenay d’un côté puis sur le fleuve de l’autre. C’est généralement aussi un bon point d’observation des baleines mais cette fois-ci nous n’avons pas de chance.

L’après-midi, nous avions réservé une balade en zodiak au départ du village Les Escoumins pour tenter d’observer encore mieux les baleines. La balade en tant que telle a été plutôt sympa, permettant d’avoir une perspective sur les rives du fleuve et de découvrir certaines maisons plutôt très bien situées juste au bord de l’eau. Mais la partie « observation des baleines » m’a un peu dérangée car j’avais plus l’impression qu’on partait à la « chasse à la baleine » : il y avait 4 zodiaks et un 1 petit bateau de croisière dans une zone très réduite où chacun tournait autour des quelques baleines repérées par radar. Donc oui bien sûr c’est impressionnant de les voir dans leur milieu naturel mais finalement les observer depuis notre emplacement de camping m’a semblé tellement plus authentique et beaucoup moins perturbant pour la tranquillité des baleines.

Note personnelle pour une prochaine fois et petit conseil si vous y aller un jour : privilégier l’observation depuis la rive, à Tadoussac et au Cap de Bon-Désir, ou faire une balade en kayak qui permet d’approcher les baleines sans perturber par le bruit et la pollution des moteurs de bateau, et de préférence tôt le matin ou en fin de journée.

Le soir, nous avons à nouveau pu assister à un spectacle presque privé depuis notre emplacement de camping, qui n’a fait que confirmer mon impression de l’après-midi… Après une nuit encore assez courte pour admirer de nouveau le lever du jour, nous avons défait la tente pour reprendre la route, enfin le traversier depuis Les Escoumins en direction de la petite ville de Trois-Pistoles située de l’autre côté du fleuve, où nous avons passé une nouvelle nuit en camping au bord de l’eau. Cette fois, pas de soirée en compagnie des baleines mais encore un magnifique coucher de soleil et un chouette moment au coin du feu avec nos voisins de camping, à essayer de comprendre leurs accents et les expressions québécoises !

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Pause hors du temps à L’Ile Verte

Après une nuit très fraiche, le samedi 18 juin nous nous sommes accordées une petite folie en réservant une nuit dans la Maison du Phare de l’Ile Verte, un peu plus au sud de Trois-Pistoles. Après une petite traversée au départ de l’Isle Verte, on arrive sur ce petit bout de terre long de seulement 14 km, habité à l’année par une cinquantaine de personnes et bien sûr un peu plus fréquentée en été, qu’en hiver où elle est accessible par motoneige sur le fleuve gelé ou par hélicoptère ! A l’arrivée, Jocelyn, qui travaille à la Maison du Phare avec Blandine, nous attendait pour nous amener à destination. En arrivant, on peut admirer le plus ancien phare du Saint-Laurent datant de 1809, magnifiquement préservé. Il n’est plus utilisé comme simple phare depuis 1972, mais a été converti en musée et les maisons du gardien, ainsi que de l’assistant gardien en chambres d’hôte. Le phare se situe à environ 20km en face de l’embouchure du Fjord du Saguenay, de l’autre côté du fleuve.

road-trip-velo-ile-verteUne fois installée dans notre chambre (qui sera plus que bienvenue après 4 jours sous la tente !), Jocelyn nous dépose à nouveau au débarcadère du traversier pour qu’on récupère des vélos de location, pas vraiment en parfait état mais qui nous ont  permis de parcourir une partie de la pointe sud de l’île et d’apprécier le caractère typique des maisons de bois, ainsi que les paysages sur le Saint-Laurent. Puis retour sur nos pas, ou nos traces de vélo, pour être à 18h à un des restaurants de l’île pour le diner… oui, on mange très tôt ici ! Finalement le timing était très bien : on a pu digérer un peu sur le chemin en vélo jusqu’au phare et nous sommes arrivées à temps pour admirer le magnifique coucher de soleil depuis le haut du phare… Encore un de ces moments magiques et plein de sérénité…

Après une très bonne nuit, nous avons profité de la dernière matinée pour une balade le long des petites anses au nord du phare, où on peut parfois apercevoir des colonies de phoques, mais pas de chance pour nous cette fois. Puis, retour au phare et à 15h nous avons repris le traversier pour terminer notre petit voyage. Coralie m’a déposée à Québec où je passerais quelques jours, puis elle a continué seule jusqu’à Montréal.

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Le petit mot de la fin : ce voyage à travers la province de Québec a vraiment été magnifique, j’ai eu un véritable coup de cœur pour le fleuve Saint-Laurent et les différents points de vue d’où on a pu l’admirer. Et bien sûr, la rencontre avec les baleines… tellement magique que j’en perdais mes mots sur le moment… Donc oui la barre a été placée très haute à seulement 3 semaines du début de mon voyage et il y aura encore beaucoup de coups de cœur j’en suis sûre mais celui-ci sera tout particulier 🙂

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